Notre vie démocratique est-elle devenue une téléréalité ?

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Nous vivons des temps où la vie de la nation est quelque peu chamboulée. Nos intérêts personnels sont comme mis entre parenthèses et les différentes occupations personnelles paraissent d’ordinaire être celles d’un paresseux passant le plus clair de son temps libre à regarder la télévision, à enchaîner les vidéos YouTube et à daigner sortir de chez lui pour faire une balade de temps à autres, le tout entre 6 heures et 18 heures bien évidemment.

Ce changement de vie nous a amené à porter un regard sur un monde vivant en “distanciel” comme diraient étudiants et professeurs, assistant comme pour les autres à une vie par procuration dont les mandataires seraient nos écrans. Le monde politique est lui aussi touché, nous obligeant à observer la vie démocratique à travers la télévision et les réseaux sociaux. Le résultat de cette forme d’expression temporairement exclusive témoigne alors, selon moi, d’un « abrutissement » de l’espace public dans en matière de vie démocratique et de questions de société.

Pourquoi le débat public s’est-il appauvri ?

Vous dire que la pandémie actuelle est responsable de ce mal serait trop facile. À mon sens, ce n’est que l’accélérateur de ce qui semble être un phénomène des temps modernes, où la technologie a stimulé l’amusement au détriment de la curiosité intellectuelle. Pour faire simple, il est bien plus facile de vendre, convaincre ou plaire grâce à une bonne blague, un bon drama ou quelque chose de joli plutôt qu’avec des propositions favorisant l’émerveillement intellectuel comme un bon débat ou une bonne idée.

Ce phénomène d’“idiocratie” très bien illustré par le film éponyme, sorti en 2007 et réalisé par Mike Judge, n’a bien sûr pas épargné le monde politique. Un monde politique dans lequel aujourd’hui une campagne gouvernementale pourla promotion des gestes barrières est plus efficace en faisant une vidéo avec Mcfly et Carlito plutôt qu’en publiant l’information dans les journaux et médias traditionnels. Un monde politique où l’on fait plus de vues en reprenant des TikTok sur les paroles d’une chanson de Wejdene et en participant à un débat sur le plateau de Cyril Hanouna plutôt qu’en confrontant ses idées avec de vrais savants de la politique. Et mes exemples ne sont qu’une infime partie d’un paysage politique plus largement touché par un mal aussi contagieux qu’un virus.

Les politiques adoptent presque une stratégie commerciale dans laquelle on vend une image et des mélodrames télévisés plutôt qu’un programme politique tentant de répondre à de véritables problématiques de notre société.

Les idées et le fond en sont-ils également impactés ?

Ce qui ressort de cet étiolement des idées politiques paraît logique et en même temps paradoxal. Chacun émet un avis sur des sujets qu’il ne connaît ou ne maîtrise pas, mais ne doit en même temps pas avoir une opinion trop extrême sous peine de choquer l’univers de Bisounours que l’on tente de nous imposer.

L’autre fléau des temps modernes n’ayant pas aidé à régler le problème est celui de la bien-pensance, dans lequel nous devons tous converger vers une idéologie commune, qui impose des réponses toutes faites à des questions qui sont à mon sens très risibles. Les sujets au cœur de nos débats sont alors prédéfinis par une partie de la société tout comme le sont les conclusions à en tirer, laissant place à un débat plus que stérile dans lequel nous n’aurions qu’à suivre un scénario écrit par  de mauvais réalisateurs que sont les réseaux sociaux et la télévision.

Le progrès technique et les avancées technologiques sont-ils vecteurs de cette idiocratie ?

Les véritables bonds en avant qu’ont offert les progrès technologiques du XXIe siècle sont des outils qui favorisent « l’Entertainment » (Divertissement) et qui selon moi nous forcent à consommer du divertissement de manière toujours plus rapide, nous amenant ainsi à visionner des contenus en réalité peu intéressants. Comme il a été dit précédemment, la politique tend aujourd’hui à devenir « mainstream » (courant populaire, suivi par la majorité), et les différents outils modernes mis à dispositions tels que les réseaux sociaux stimulent cette dégradation de la vie politique en général. Le progrès est donc créateur mais surtout stimule cette dégénérescence.

Quelles conclusions pouvons-nous tirer de tout cela ?

Le discours qui ressort de ce sujet n’est pas un appel à l’anti-modernisme et la révolte face au progrès. Il s’agit plutôt de remettre en question la considération que nous pouvons porter aux nouveaux outils qui nous sont mis à disposition. Peut-être faudrait-il arrêter de les prendre tels qu’ils sont et leur donner un sens plus déterminé. Il est important aussi de porter un regard sur nos propres idées et sur le courage de les exprimer, qu’elles aillent dans le sens des autres ou non. Le seul conseil que nous pouvons donner en toute humilité, s’apparente plutôt à un appel à la détention exclusive de notre liberté d’opinion. Ainsi, dans un monde utopiste et non irréaliste, le réveil des consciences permettra peut-être de les élever.

Article rédigé par Léo KEHR (L3 Science-Politique – Anglais)

 

Lucie Galisson

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