Les voitures électriques : si écologiques que ça ?

17 janvier 2022by Lucas Perriat0
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Le secteur des transports est responsable d’une grande partie de la pollution urbaine. Le développement des voitures électriques, que le gouvernement ne cesse de promouvoir semble être la solution idéale à ce problème. Moins polluantes, elles permettraient de réduire les gaz à effet de serre. Au cœur de la politique écologique de la France et de l’Union européenne, la voiture électrique est décrite comme un « véhicule propre ». Mais qu’en est-il réellement ? Ce véhicule est-il vraiment moins polluant qu’une voiture thermique ? 

Les voitures électriques : la stratégie française

 

Mi-octobre, le Président de la République dévoilait le « Plan France 2030 ». Ce programme d’investissement vise à favoriser la relance économique, à travers certains objectifs de transition énergétique. Quatre milliards d’euros seront dédiés aux transports et une partie de cette enveloppe servira pour le développement des véhicules hybrides et électriques. Le but : produire deux millions de ces « véhicules propres » d’ici 2030. Ce programme intervient après la proposition de la commission européenne d’interdire en 2035 les ventes de véhicules neufs à essence ou diesel, au profit de voitures électriques, dans un objectif de « neutralité carbone ». La France semble approuver cette stratégie. Dès l’année dernière, le gouvernement annonçait son souhait de faire de la France le premier pays producteurs de véhicules électriques en Europe. Ainsi en mai 2020, face au secteur automobile fortement impacté par la crise, Emmanuel Macron avait annoncé un plan de relance automobile à plus de huit milliards d’euros. Sa stratégie consistait à encourager les particuliers et les entreprises à se tourner vers les « transports du futurs » en mettant en place une prime à l’achat pouvant grimper jusqu’à 7000 euros. Le but était alors d’ « inciter tous les Français, même les plus modestes, à se doter d’un véhicule propre, moins polluant et moins émetteur de gaz à effet de serre ». Mais dernières ces belles mesures, une question se pose : peut-on dire que les voitures électriques favorisent la transition énergétique ? 

 

Des voitures pas totalement vertes : une fabrication énergivore

 

Dans la plupart des études publiées à ce jour, seules les émissions de gaz à effet de serre sont prises en compte, laissant de côté les autres formes de pollutions qui sont loin d’être négligeables. En réalité le caractère écologique de la voiture électrique n’a rien d’évident. Sa fabrication est extrêmement polluante et il lui faudrait parcourir plus de 50 000 kilomètres pour inverser la tendance. Produire un véhicule électrique demanderait beaucoup plus d’énergie et émettrait deux fois plus de gaz à effet de serre que de produire un véhicule thermique. Cela est dû à la production de sa batterie notamment car cette dernière est composée de métaux rares qui sont tout sauf propres : du graphite, du lithium, du cobalt ou du nickel par exemple. Pour en extraire quelques kilos, il faut broyer des tonnes de roches et pour les raffiner, il faut utiliser des produits chimiques extrêmement polluants. Un Rapport de 2018 de l’Agence européenne pour l’environnement dresse le constat suivant : avec la production de voitures électriques, les conséquences en matière de pollution des sols et des eaux sont doublées voire triplées, principalement à cause de l’extraction, l’affinage des métaux et la production électronique. Ainsi, la pollution n’est pas éliminée, mais seulement déplacée dans les pays les plus pauvres. Il faut aussi considérer la durée de vie limitée des batteries, dont le recyclage ne concerne que 50% des composants. Que deviendra le reste, ces millions de tonnes de polluants non recyclés ? 

 

Non, un véhicule électrique n’est pas « propre »

 

De plus, recharger la batterie de ces voitures consomme de l’électricité. Et l’électricité n’est pas toujours propre. En Chine par exemple, elle provient à 73% d’usines à charbon. Cette production participe ainsi largement aux émissions de CO2 du pays. Cependant en France, où l’électricité provient à 77% du nucléaire, l’énergie utilisée est largement décarbonnée et une voiture électrique émettrait 80% de CO2 de moins qu’une voiture diesel. Tout dépend donc du mix énergétique dont est issu l’électricité utilisée dans le véhicule. Dans les pays avec une production d’énergie électrique décarbonée, la voiture électrique semble être une solution plutôt prometteuse. Et encore, le modèle français est aussi décrié puisque le nucléaire n’est pas toujours considéré comme une énergie propre, notamment à cause des déchets nucléaires et radioactifs.

 

Ensuite, tout comme les autres voitures, les voitures électriques émettent des particules fines lorsqu’elles roulent, même sans pot d’échappement. Par l’abrasion des pneus, des plaquettes de freins et de la route, une fine poussière constituée de métaux lourds hautement toxiques est rejetée, provoquant d’importants risques pour la santé. Elles en émettent tout de même nettement moins qu’une thermique. Cependant, le bilan actuel de la voiture électrique n’est pas tout à fait vert. 

 

Des améliorations et solutions prometteuses

 

Si le gros point faible de la voiture électrique est sa batterie, nous pouvons cependant avoir de l’espoir pour la suite. De nombreuses innovations sont proposées chaque année par le marché de l’automobile et laissent entrevoir une diminution de l’empreinte environnementale liées à la production des batteries dans les années à venir. Pour que les véhicules électriques soient vraiment propres, il faut absolument modifier notre manière de produire de l’électricité en développant les énergies renouvelables. Il est aussi nécessaire d’améliorer les conditions d’extraction des métaux rares et le recyclage des batteries des véhicules électriques. Comme les batteries ont une durée de vie limitée (en moyenne de 10 ans), il est indispensable qu’elles aient une seconde vie. Si ce n’est pas le cas, l’utilité écologique de la voiture électrique est inexistante. La sphère politique et les constructeurs automobiles l’ont bien compris : en 2019, Emmanuel Macron avait promis de débloquer 700 millions d’euros sur 5 ans pour permettre la construction d’une filière franco-allemande qui fabriquerait et recyclerait ces batteries. Renault a également lancé sa station de stockage d’électricité afin de réutiliser ses batteries usagées. Ce projet permettra de stocker de l’énergie dite verte pour la restituer lorsque les moyens de productions sont peu productifs ou à l’arrêt. Une solution prometteuse qui permettrait aux voitures électriques d’être davantage écologiques ! Cependant, il n’y a pas de solution miracle : le vélo (électrique ou non), la marche ou encore les transports en commun restent une meilleure alternative pour vos trajets les plus courts !

Camille Baritel

Lucas Perriat

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