La e-santé : un remède 2.0 contre les deserts médicaux

5 février 2022by Margaux Chatillon1
https://politeia-ices.fr/wp-content/uploads/2022/02/online-3964531_1920-1280x792.jpg

Emmanuel Macron a déclaré, “Si notre système de santé reste l’un des plus performants au monde, il est confronté́ à de nouveaux défis”. La e-santé, selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS), se définit comme « les services du numérique au service du bien-être de la personne ». Les technologies de l’information et de la communication (TIC) sont, ainsi, mises au service de la santé. Cela concerne beaucoup de pratiques : télémédecine, les applications mobiles, les dossiers médicaux électroniques, le suivi d’une maladie à distance, la domotique. La e-santé peut représenter un remède contre les difficultés que notre système de santé rencontre comme les déserts médicaux.

La e-santé recouvre trois grands domaines. Premièrement, il s’agit de la télémédecine qui est définie par l’article L. 6316‐1 du Code de la santé publique comme « une forme de pratique médicale à distance utilisant les technologies de l’information et de la communication ». Elle introduit cinq actes : téléconsultation, télé-expertise, télésurveillance, téléassistance, l’orientation des patients dans le système de santé à distance (exemple : centre 15). Deuxièmement, la e-santé regroupe, l’ensemble des systèmes d’information de santé afin de collecter des données sur la santé des individus et de la population. Enfin, le troisième domaine regroupe la m-santé, définie par l’OMS (2011) comme l’ensemble des « pratiques médicales et de santé publique supportées par des appareils mobiles, tels que les téléphones mobiles, les dispositifs de surveillance des patients, les PDA (personal digital assistant) et autres appareils sans fil »

Le désert médical renvoie à un territoire où les patients rencontrent de grandes difficultés ou une impossibilité, à accéder à des professionnels de santé en raison de leur absence ou de leur nombre limité (NDA : le terme de désert médical n’a pas de définition précise).  Alors que la santé est une priorité pour 81% des Français, environ 3,8 millions de personnes vivent sur un territoire en sous-densité médicale selon une étude de la direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques (Drees) rattachée au ministère des solidarités et de la santé effectuée en 2018. Entre 2015-2018, selon cette même étude, cet effet n’a cessé de croitre passant de 3,8% à 5,7% de la population impactée, il s’agit donc d’une hausse de 1,3 millions de Français supplémentaires en l’espace de quelques années. Géographiquement, ce phénomène se retrouve principalement dans les territoires d’outre-mer, le centre et le nord-ouest de la France ainsi que dans certaines communes parisiennes.

Le désert médical français s’explique par différents facteurs. Entre 2010 et 2018, la France a perdu 6500 généralistes selon l’ordre des médecins, et ce sera encore 6000 d’ici 2025. Les départs à la retraite ne sont pas compensés selon Sophie Augros, médecin généralise : « Beaucoup moins de jeunes médecins formés ces dernières années (…) donc moins de professionnels qui arrivent sur le terrain. On sait que les jeunes professionnels travaillent en moyenne dix heures de moins par semaine que les anciens ». L’effet du numerus clausus est une des raisons de la situation actuelle, notamment dans les années 90. Les gouvernements ont abaissé pendant 20 ans le nombre d’étudiants en médecine jusqu’à 3500 par an, or il faut au minimum 10 ans pour former un médecin. Cela a abouti à la situation d’aujourd’hui. Les diplômés des années 70-80 partent en retraite, et du fait du numerus clausus des années 90, ils n’ont pas pu être remplacés. Par ailleurs 30% des généralistes aujourd’hui ont plus de 60 ans. En outre, la population globale vieillit et les personnes âgées sont les plus consommatrices de soins alors qu’on a moins de médecins. Un autre facteurs non-négligeable est l’attractivité des territoires. En effet beaucoup de commune ont mis en place des mesures pour attirer les jeunes médecins. La Lozère, verse une bourse aux jeunes internes en échange de leur engagement à s’installer cinq ans dans la commune. De plus, le désert médical est un sujet qui suscite beaucoup d’intérêt dans la perspective des élections présidentielles, Anne Hidalgo a promis dans son programme présidentiel : « une année de professionnalisation comme médecin-assistant dans les déserts médicaux ».

Toutefois, la fin du numerus clausus, le recours aux technologies de l’information et de la communication, le déploiement de structures de coordination telles que les CPTS et les SAS (Service d’Accès aux Soins), doivent redynamiser notre système de santé. Les nouvelles technologies sont un moyen qui permet de pallier ces déserts médicaux en France. La e-santé permet de limiter les inégalités d’accès au soin au travers par exemple de la téléconsultation évitant à certaines personnes de faire des kilomètres pour trouver un médecin. Cette télémédecine s’est beaucoup développée durant la crise sanitaire. Certaines entreprises ont développé la e-santé, c’est le cas de MEDADOM, qui propose de consulter un médecin via une application mobile ou via des bornes installées dans les pharmacies. La téléconsultation permet d’obtenir des soins et des ordonnances à distance. En outre, lorsque les médecins traitants ne sont pas disponibles, les personnes se tournent vers les urgences, cela permet aussi de les désengorger. Par ailleurs le dispositif ma santé 2022, lancé par le gouvernement en 2018, s’appuie sur la digitalisation de la santé pour faciliter l’accès au soin et se repose sur plusieurs acteurs : les Communautés Professionnelles Territoriales de Santé (CPTS) et les Équipes de Soins Spécialisées (ESS). Il y a l’ouverture d’un espace numérique de santé pour chaque usager afin d’avoir accès à ses données personnelles (dossier médical partagé) ainsi que le développement de la e-prescription, du programme e-parcours, des messageries sécurisées de santé, du télésoin et de la télémédecine.

La e-santé est un outil pour aider à pallier les déserts médicaux et à faciliter l’accès aux soins mais elle ne doit aucunement remplacer les rencontres physiques avec le médecin.

HUET Morgane

Margaux Chatillon

One comment

  • Mark

    12 septembre 2022 at 5h17

    Thanks for your blog, nice to read. Do not stop.

    Reply

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *

PoliteiaNous contacter ?
Participer à une conférence, soumettre un article, une idée ... n'hésitez pas à nous contacter !
ICESNous trouver ?
Politeia est accueillie par l’Institut Catholique de Vendée ICES
Depuis 1990, au cœur de la Vendée, l'Institut Catholique de Vendée propose l'université dans un contexte d'école.
Calendrier Events à venir
Pas d'événement actuellement programmé.
Rejoignez nousRéseaux Sociaux de Politeia
Suivez notre activité régulière sur nos différents réseaux
PoliteiaNous Contacter ?
Participer à une conférence, soumettre un article, une idée ... n'hésitez pas à nous contacter !
Calendrier Events à venir
Pas d'événement actuellement programmé.
ICESNous trouver ?
Politeia est accueillie par l’Institut Catholique de Vendée ICES
Depuis 1990, au cœur de la Vendée, l'Institut Catholique de Vendée propose l'université dans un contexte d'école
Suivez nousRéseaux Sociaux de Politeia
Suivez notre activité régulière sur nos différents réseaux

Copyright Aphea Consulting  x Politeia. Tous droits réservés

Copyright Aphea Consulting x Politeia. Tous droits réservés