L’économie du bien commun, une urgence pour demain !

5 novembre 2020by Emeline Pineau0
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Lundi 28 septembre, Monsieur Philippe Royer, directeur général de Seenovia et du groupe national coopératif Seenergie (groupement d’agriculteurs) depuis 2015, est venu parler aux étudiants de l’ICES (institut catholique d’études supérieures). Il souligne une urgence : l’économie du bien commun. M. Royer est président national du mouvement des Entrepreneurs et Dirigeants Chrétiens (EDC) depuis 2018 et invite tout homme de bonne volonté à s’engager dans trois directions: mieux comprendre le monde, grandir dans la foi et être acteur de la transformation de la société. Sommes- nous vraiment en train de chercher le bien commun ou les simples acteurs d’un système en déclin ? C’est à la question suivante que Philippe Royer a tenté de répondre ce soir : à quoi sommes-nous appelés ? Voici ses propos.

Constat sur la société actuelle

Nous sommes dans un cycle de mutation sociale qui dure 30 ans et qui a commencé dans les années 2000. Notre société s’essouffle. Sur le plan économique, la crise de 2008 dont les effets ont été traités mais pas les causes, laisse encore de forts impacts. Sur le plan écologique, l’urgence climatique n’est toujours pas prise au sérieux. La crise du covid19 a souligné les défaillances de notre système sanitaire en plus de dégrader le lien social par la distanciation. D’un point de vue social et politique enfin, la crise des gilets jaunes révèle un malaise profond. Dans une telle société, Philippe Royer nous invite à quitter le paradigme technocratique.

Passer du toujours plus au toujours mieux

La bureaucratie est décidément le poison de notre société. Les politiques partent, les hauts fonctionnaires restent. Pas de changement possible. A cela s’ajoute une perte du sens de l’autorité là où il faut oser exercer le pouvoir, comme un service, car il est un levier d’action dans le monde. C’est tout le système capitaliste qu’il faut repenser. La croissance perpétuelle est un mythe car les ressources naturelles sont limitées. Il faut passer du toujours plus au toujours mieux.

Passer à l’action

Le monde n’a plus besoin de commentateur, il lui faut des acteurs. Ce qui paralyse notre agir ce sont toutes ces années d’individualisme.

Il faut des leaders qui se lèvent

En effet, on attend que ce soient les autres qui changent et pas nous. Le bien commun n’est pas la somme des réussites individuelles. Il est, comme l’a défini Jean XXIII en 1961 dans l’encyclique Mater et Magistra, la « recherche des conditions sociales qui permettent et favorisent dans les hommes le développement intégral de leur personnalité ». Les choses ne changeront que si l’on se prend en main pour qu’elles puissent changer. Osons croire en demain et prendre des risques car c’est cela l’espérance : croire en demain quand tous les signes nous amèneraient à renoncer. Il faut des leaders qui se lèvent pour réveiller en chaque jeune le fait qu’il puisse entreprendre sa vie. Dieu nous a fait co-créateur de l’Histoire. Celui qui enfouit son talent à cause de la peur sera jeté dans les ténèbres.

Prendre en main les urgences écologiques

Un des enjeux de demain également mentionné par Philippe Royer est, bien sûr, la question écologique. Il est aberrant que l’écologie soit un parti politique car chacun devrait en être acteur.

Nous devons être de bons gestionnaires

Dans Laudato Si, le pape François parle d’une croissance raisonnée. Nous sommes de passage sur terre et nous devons être de bons gestionnaires de la création. Résoudre la question écologique, c’est y apporter une réponse anthropologique : fonder l’économie de demain sur l’épanouissement de l’homme au lieu de le faire sur la croissance perpétuelle.

La subsidiarité dans l’entreprise : chacun à sa place, y compris les plus fragiles

L’économie du bien commun, c’est aussi réintroduire le principe de subsidiarité dans l’entreprise. Chacun doit être acteur à son échelle, pour son propre épanouissement ainsi que pour celui de la société entière.

L’entreprise qui réussira demain sera celle qui réussira à concilier sa raison d’être avec celle de chacune des parties

Les aides sociales ont un effet dévastateur dans la mesure où elles n’exigent pas de contrepartie. Puisque le bénéficiaire reçoit de l’argent sans travail, son rôle social est nul. Or, inclure les plus fragiles dans la société est une source de richesse énorme. Le don génère le contredon. La fragilité des plus pauvres nous fait grandir, elle nous renvoie notre propre fragilité. De plus, faire confiance à la personne humaine lui donne une énergie incroyable et lui permet réellement de se dépasser.

Trois socles, trois solutions

Le changement attendu pour demain se base sur trois socles théologiques : la création, l’alliance et le Salut. La création pour entreprendre et développer ses talents. L’alliance pour vaincre l’individualisme et se soutenir mutuellement. Personne ne peut se sauver tout seul. Enfin le Salut, car on ne peut séparer le bien commun du Salut des âmes. C’est là le drame de la sécularisation, perte de Dieu comme mode de structuration de la société, fruit de tous les maux d’aujourd’hui. Ces trois socles débouchent sur trois solutions. D’abord l’intelligence. Il s’agit ici de proposer un modèle de société et « d’arrêter de croire que c’est foutu ». Ensuite la foi : le recentrage et la quête de sens. « La fécondité de notre action se passe dans notre temps d’arrêt ». Osons prendre le temps de nous émerveiller. N’est-ce pas dramatique que de ne plus avoir cette joie de voir nos proches en bonne santé ? Enfin, les actes. Il n’y a pas de crédibilité sans les actes, c’est par nos actes qu’on change le monde.

Conclusion : le moment est venu de tout donner

Pas de demi-mesure. Celui qui n’a pas tout donner n’a rien donné. Le moment est venu de tout donner et, à l’instar de Martin Luther King, d’aller réveiller l’indifférence des bons. Il faut être à la fois leader de leaders et serviteur de serviteurs. L’évangile est parole vivante, il faut vivre cette fécondité au centuple.

Je suis un outil au service

Si l’on donne toute sa vie, tout nous sera donné en abondance. « Je suis un outil au service », a déclaré Philippe Royer. Certes l’épreuve sera devant nous et nous devront la surmonter. Mais qu’est-ce que l’épreuve à côté de la joie procuré par le don ? Révélons la joie du partage car l’épreuve n’est pas vécue de la même manière si l’on inscrit sa vie dans une joie profonde. Pourquoi taire l’envie de faire le bien ? Quand bien même on ne changerait le monde que là où l’on est, on serait dans la paix et dans la joie de l’avoir fait !

Benjamin MOITRY

Emeline Pineau

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